Etat des lieux de la construction durable en Rhône-Alpes

Deuxième région forestière française avec plus d’1,5 millions d’hectares, Rhône-Alpes dispose d’une filière importante. Soutenu par les préoccupations environnementales récentes et le particularisme des départements alpins le bois dans la construction connaît un élan tout à fait exceptionnel.

Le bois, un élément de la culture alpine

La présence importante de la forêt en Rhône-Alpes explique une tradition multiséculaire d’utilisation du bois dans la construction. La "cueillette" sur-place d’un matériau abondant et disponible capable de répondre aux besoins  constructifs explique toujours les choix architecturaux et les techniques locales traditionnelles. La région par sa diversité géographique et historique peut revendiquer des patrimoines importants d’architecture de terre, de pierre et de bois. De manière assez classique, le moyen âge nous a transmis de nombreux centre-ville à pans de bois et les charpentes mises en place jusqu’à aujourd’hui témoignent de savoirs faire très élaborés. Ce qui constitue la singularité régionale est évidemment la construction alpine. La rigueur climatique, l’altitude, la pente ont généré une typologie architecturale de ferme de montagne qui est une icône du paysage que l’on retrouve chaque hiver dans tous les médias. Ces bâtiments constitués de madriers empilés ou d’ossatures bardées de bois fascinent par leur adaptation au site et leur fonctionnalité. Bâtiments-outil, ils ont été conçus par une société pastorale selon une économie d’auto construction. Cette culture forte en relation à une nature montagnarde exceptionnelle explique que la construction bois soit si fortement implantée dans notre région par rapport au reste de la France. Ainsi la production de maisons individuelles en bois (20%) est quatre fois supérieure à la moyenne nationale.

La montagne, lieu de créativité
Les prémices d’un usage "moderne" du bois en Rhône-Alpes sont le fait d’architectes travaillant sur les stations de montagne. Henri-Jacques Le Même avec son chalet skieur, Denys Pradelle à Courchevel, Charlotte Perriand aux Arcs, Jacques Labro à Avoriaz utilisent le bois pour des programmes nouveaux destinés à une clientèle urbaine et exigeante.

Le bois en Rhône-Alpes à la croisée des exigences du développement durable et des cultures constructives des pays voisins
Les 30 dernières années une évolution apparaît témoignant d’une rupture avec une tradition artisanale. L’arrivée des problèmes environnementaux remet en cause notre rapport à l’habitat et nos modes de vie. Le prix croissant de l’énergie, la production de CO2 responsable pour parti du réchauffement climatique, les matériaux issus de l’industrie suspectés parfois d’affecter la santé, le souhait de s’inscrire dans une économie locale… Ces questions et bien d’autres suscitent des exigences et des attentes nouvelles en terme de construction et d’architecture. Ces remises en cause bénéficient au matériau bois qui sous différentes formes apporte des réponses intéressantes. Par ailleurs nos voisins suisses, allemands et autrichiens confrontés aux mêmes interrogations ont su se mobiliser plus tôt sur des démarches de performance et d’évolution dans le bâtiment. Les voyages sont nombreux qui emmènent les élus, architectes et entreprises découvrir ces réalisations de l’autre côté de la frontière. Les labels Minergie et Passiv-haus sont des références ainsi que la valorisation des bois locaux.


Pour en savoir, téléchargez l'article illustré paru dans "Architecture Bois & Dépendance" - Numéro 25 - Avril/Mai 2008

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